mercredi 2 août 2017

Petit précis de charcuterie

Ah... les violences obstétricales ! Vaste sujet, superstar des conversations sur Doctissimo, et que j'aurais préféré ne jamais aborder lorsque j'évoque la naissance d'un de mes propres enfants. Notez que j'avais volontairement tronqué ce chapitre dans mon dernier récit minuté d'accouchement (si tu es adepte des beuglements de mammouths qu'on égorge, je t'invite à le consulter ici, par contre attention, il y a aussi un gros sachet de guimauve coincé entre les lignes, ça colle au clavier). Il m'aura fallu attendre exactement 15 mois pour que l'eau coule sous les points, et que les boules de colère se transforment en graines à pousser (un cri).




Voici donc, servi sur un plateau d'argent d'inox recouvert de scalpels, la suite de La Der des Ders.

19h26 et trente secondes. Quelque chose ne va pas. Elle ne crie pas et elle est toute violette. Encore une fois, l'infirmière blonde, instinctive et animale, entre dans mon champ de vision. Elle attrape ma fille et lui masse vigoureusement le torse et le dos, pendant des secondes qui me semblent des siècles. Rien. Le silence. "On l'emmène." J'agrippe mon amoureux : "Ne la lâche pas, suis-les." 

Le troupeau s'engouffre au galop dans une petite pièce adjacente et disparaît derrière la porte grise qu'on claque.

19h27. On me félicite, bravo madame, vous avez bien travaillé. Mais d'abord je ne suis pas une madame, je suis une enfant perdue au milieu du vacarme, on vient de m'arracher la moitié de moi et de l'emporter inerte dans un lieu dont je ne connais pas les contours, j'ai les cuisses encore dégoulinantes de liquide amniotique et l'empreinte indélébile de ma fille violette imprimée sur la rétine.

19h28. Une tête masquée et charlottée passe dans la pièce. Félicitations madame, bravo, vous avez bien travaillé.

19h29. Je tente de rassembler mes esprits partis se pisser dessus aux quatre coins de la Slovénie. J'articule dans un français impeccable et avec une syntaxe léchée : "Où est mon bébé, est-ce que vous pouvez me dire où ils l'ont emmenée, elle ne respirait pas c'est ça, dites moi, est-ce qu'elle est vivante, elle était vivante dans mon ventre hein, le monitoring était parfait vous disiez, je veux la voir, si elle va bien je veux qu'on me l'amène, je peux me lever, je suis capable de me lever vous savez, je peux marcher, je peux rejoindre le papa, comment ça vous ne savez pas, comment ça il faut se calmer, mais je suis calme, JE SUIS TRÈS CALME, je voudrais juste être auprès de mon bébé, je ne me sens pas bien du tout là, S'IL VOUS PLAÎT ?!"
En réalité je suis désorientée et j'ai la tension au raz des cailloux. On m'explique patiemment que ma fille est actuellement dans les mains des pédiatres, et que quelqu'un viendra très vite nous donner des nouvelles plus fraiches que mon placenta. Les prématurés sont souvent choqués en sortant, il paraît, et puis je ne dois pas m'inquiéter, eh eh eh, mort de rire. Va chourer un lionceau à peine né entre les pattes de sa mère, qu'on rigole.

19h37. En attendant, justement, puisqu'on parle de placenta. Le mien est toujours en train de converser avec les membranes, dans mon intérieur. 

19h38. La deuxième sage-femme, celle qui est arrivée un quart d'heure plus tôt, s'adresse à Marion, la brune qui me suit depuis mon arrivée dans le service en début d'après-midi : "Je prends la suite si tu veux." Marion lui répond que "Non, non, je termine celui-ci." J'ai un don pour pondre des petites filles à l'heure de la relève, il faut dire. Heureusement, ma sage-femme a le sens du devoir, elle va me terminer avant de rentrer.

19h39. "Madame, on se remet en place et on va procéder à la délivrance, d'accord ? Détendez-vous, votre fille sera bientôt dans vos bras... c'est quoi son petit nom ? Oh c'est joli ! Je n'avais jamais entendu ce prénom avant. Alors on s'installe et on y va. Ça va aller, courage, tout va bien se passer, vous avez bien travaillé, vous savez."

Oui il paraît.

Et soudain le cauchemar commence. Elles sont deux à m'appuyer sur le ventre, doucement d'abord, puis sans aucun préambule, très, très fort, pendant que la sage-femme, assise sur un tabouret, la tête entre mes genoux, attrape le cordon ombilical qui me pendouille sur les fesses. Je me mets à pleurer. Je regarde la pendule.

19h42. J'ai accouché il y a plus d'un quart d'heure d'un enfant dont je reste sans nouvelles, alors qu'elle est dans la pièce d'à-côté.

19h43. J'entends des nourrissons brailler dans le service. Est-ce que ma Gagotte est dans le tas ? Aucune idée.

19h45. A tour de rôle, les deux femmes à mes côtés m'appuient sur le ventre. A chaque fois, j'ai l'impression qu'elles enfoncent leurs avant-bras dans mon nombril et qu'elles écrasent mon utérus dans leur paume, comme une orange avant un petit déjeuner healthy sur Instagram. Je n'ai jamais eu aussi mal de toute ma vie. Et pourtant les copains, j'ai déjà eu deux abcès dentaires, une méningite, une plastie de la langue ET je venais de pondre un humain entier par la foufoune. La troisième femme, qui n'a plus de sage que le nom, dirige les manœuvres des autres. Et puis, j'ai la sensation nette qu'elle exerce une traction continue sur le cordon. Je croyais pourtant que c'était un geste proscrit.

Je suis un poisson à peine mort qu'on vide grossièrement sur le pont d'un bateau qui pue, voilà ce que je suis. 

19h49. Je leur demande pourquoi elles me font ça. Je leur demande s'il y a un problème. Je leur dit que c'est mon troisième enfant et que c'est la première fois que je souffre autant. Je leur dis que jusqu'à présent, mon placenta était toujours arrivé rapidement, sans aide médicale. Je leur dis que j'ai mal. Je leur propose de m'apporter ma fille, je dis qu'en la mettant au sein ça stimulera la délivrance. Je leur dis que je le sais, puisque je l'ai déjà fait. 

Je leur demande d'arrêter. 
S'il vous plait. 

Je vois bien qu'elles ont conscience de me torturer (littéralement) et que ça ne leur plait pas. Pourtant, c'est moi qui ai les joues inondées de larmes, et ce sont elles qui ont le pouvoir sur mon corps. L'une d'entre-elles me pose la main sur le front et me dit que je suis courageuse.

19h50. Mon placenta est au fond d'une bassine et moi je suis au fond tout court.

19h51. La porte grise s'ouvre enfin sur une infirmière masquée, qui s'approche de moi. J'entends mon bébé qui pleure distinctement de l'autre côté, et sa voix éraillée s'inscrit enfin dans mes oreilles. Désormais j'en ai la certitude, elle aussi, comme son frère et sa sœur avant, je pourrais la reconnaître entre mille. L'infirmière baisse son masque sous son menton et me sourit. "Bonjour madame, félicitations ! Je suis Isabelle, je travaille au service néonat', c'est moi qui vais m'occuper de Gagotte cette nuit. Bon... je ne vous cache pas que c'est un peu compliqué pour votre pépette mais elle s'en sort très bien. On attend qu'elle se stabilise et on viendra vous la donner pour un petit bisou avant de la monter en soins intensifs, d'accord ? A ce moment-là le pédiatre viendra vous expliquer la situation, ce qu'il se passe... Ensuite vous pourrez venir la voir quand vous voulez, le service est accessible 24h/24 pour les parents."

Joie, allégresse et raclette végan ! Je suis sur un petit nuage.

Les vieux de la vieille ici se souviendront combien ça avait été difficile pour moi de ne pouvoir rendre visite à mon lardon de 33SA (en réa) qu'entre 11h et 20h, puis de tourner en rond 15h dans ma chambre de maternité avant pouvoir de le serrer à nouveau dans mes bras. Tous les jours.

Alors le simple fait de savoir qu'après ça j'allais pouvoir camper au pied de la couveuse pendant trois siècles me donnait envie de faire des rondades autour de la poubelle à déchets organiques en plastique bleu.

20h17. Après un court répit, on me recoud la moule. Évidemment, c'est pas le moment le plus excitant de ma vie. Alors je fixe le plafond en contrôlant ma respiration, la douleur est supportable. A vrai dire, les douleurs qui me font vraiment grimacer proviennent de mon utérus. Les tranchées qui commencent, certainement. C'est à ce moment-là que La Pantoufle revient me voir. Il est blanc comme un bidet. Il m'embrasse sur le front et me dit "Je suis désolé de ne pas être venu te voir plus tôt, mais je t'avais promis de ne pas la lâcher d'une semelle. Elle avait besoin que je sois là, tu sais. Je l'ai senti. Regarde, elle arrive."

Quatre adultes émergent de l'encadrement de la porte grise pendant qu'on fait des nœuds avec du fil entre mes cuisses. L'Isabelle masquée dépose la Gagotte sur ma poitrine, elle a changé de couleur. Elle écrase sa joue de hamster contre ma peau et ferme les yeux. "Un petit bisou madame ? On va vite la remettre en couveuse." 



Je suis une madame et je fais un petit bisou.

Isabelle la récupère et l'emmène.

Un homme grisonnant s'approche. Il ne se présente pas mais sur son badge je lis qu'il est pédiatre. Il baragouine quelque chose d'à la fois très flou et très sérieux à propos de "petits ennuis au démarrage" et augmente le volume pour déclarer "C'est dangereux d'accoucher sans péridurale. Visiblement c'est la mode. Vous mettez votre bébé en danger, je ne sais pas si vous le savez... C'est une histoire de religion, c'est ça ?"

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Bug de l'an 2000.



Bref. 

Après m'avoir recousue, la sage-femme est sortie de la pièce. Cinq minutes plus tard, elle venait me féliciter une nouvelle fois et me souhaiter une bonne nuit, en habits civils et sac à main sur l'épaule.

Elle était jeune. Elle avait probablement mon âge.
Je suis persuadée qu'elle ne s'est pas rendue compteEt c'est grave.


J'ai gardé la trace des ongles d'une des deux infirmières sur mon ventre pendant 24h, et une rougeur au niveau du nombril pendant deux jours. J'ai également eu deux bleus, de la taille d'un pouce, entre le nombril et le pubis, dont mes proches sont tous témoins.

Et surtout, malgré mes questions, je ne sais toujours pas pourquoi on a tant précipité la sortie de mon placenta. Je me sentais plutôt bien, j'étais aussi fraîche qu'une femme peut l'être après avoir accouché, et niveau moral je gérais la fougère. Jusqu'à cet instant. Pourquoi ? Le changement de service ? Je refuse de le croire.

J'ai appris plus tard que la Gagotte avait fait plusieurs arrêts respiratoires de l'autre côté de la porte grise, dans l'espace douloureux de ces 45 minutes. Je ne m'étale pas davantage parce que ce n'est pas le sujet de ce billet, et parce que j'ai vachement envie de faire pipi. Mais aujourd'hui, comme vous pourrez le constater sur Instagram, elle se porte de la meilleure des façons.

Et moi aussi. :)

Voilà ! Sur ce, je vous invite à vous rapprocher d'un dessin animé de Petit Ours Brun, d'un plaid en pilou pilou et d'une tasse de chocolat à l'ancienne dans les plus brefs délais. Zoubi.




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Je précise que le prénom de la sage-femme a été changé. 
Également, je considère que j'ai été relativement bien accompagnée durant tout le travail, et j'admets qu'on m'a laissé pas mal de liberté, étant donné le contexte (34SA). Donner naissance à la Gagotte sans péridurale, au plus proche de mon projet, est une expérience qui m'a complètement bouleversée, dans le sens le plus positif qui soit. Je suis infiniment plus confiante, plus sereine, plus apaisée, depuis ce jour. Bon sang regarde ça, on dirait un gourou du développement personnel. Oskour. Mais clairement, je ne m'étais pas trompée : c'était ça qu'il me fallait, à moi, dans mon cheminement. Bref. 

#MissDigression1998 

Il y a juste ce moment, la délivrance, que j'ai vécu comme un véritable drame. Et c'est en discutant, plus tard, avec des professionnels de la périnatalité, d'autres femmes, en prenant du recul, que j'ai compris que de fait, c'était véritablement un drame. Que, même si elles tendent à disparaître, ce genre de boucheries existaient ailleurs que dans les articles de hippies relayés sur Facebook. Et qu'on avait intérêt à se bouger les miches pour éviter à nos filles de passer par là.


Et puis maintenant je clique sur "publier" sans relire, parce que.
Alors pardon d'avance pour les fautes, les sentiments à l'emporte-pièce, le style brouillon et les morceaux de chair sur l'écran.

 

16 commentaires :

  1. Oh la la comme je te comprends je n ai jamais eu aussi mal que pour la delivrance de bebe 5 qui est un grand prema. Pour lui no souci mais le placenta j ai douillé ils m ont appuyé dessus.. j ai fallit lui étriper son bras ....

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  2. Olala ma bichette, j'ai les poils qui se hérissent. Je souffre pour toi ... :( C'est vraiment atroce.
    Et la phrase du pédiatre me fait vraiment halluciner : il pensait vraiment ce qu'il a dit ? Il est sur sa planète ou bien ?! Il y a bien plus de complications avec péridurale que sans ... Sérieux mec ...
    On m'a aussi appuyé sur le ventre, mais le Mini était encore dedans. C'était pour l'aider à sortir, paraît-il. En même temps, allongée sur le dos, pas étonnant que ça ait été compliqué ... Le manque de logique au niveau de l'accompagnement en France me révolte.
    Je suis vraiment heureuse d'avoir pu connaître autre chose ..
    Je te fais de gros bisous ma Laura !!

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  3. Je suis belge et toujours effarée par les récits d accouchement en France. J'avais décidé d'un accouchement naturel, j avais choisi ma maternité pour leur philosophie de la valorisation de l'accouchement naturel et le respect de la mère et l enfant... Et bien... Grosse grosse déception. Et grosse grosse colère depuis 11 mois chaque fois que j'y repense. On m'avait vendu du rêve: On vous laisse gérer le travail, la position d'accouchement, on laisse faire la nature (a condition que tout se passe bien évidemment)... Alors on a rempli un joli projet de naissance, et on partait en confiance après des mois de préparation pour gérer le bazar (haptonomie et hypnose). Sur place on me propose la péridurale (je refuse j'ai la chance de ne pas souffrir des contractions avant la dernière heure), on m'a obligée à me taper sur une table gynéco sur le dos alors que mon corps réclamait la position debout et on m'a tiré sur le cordon et appuyé sur le ventre aussi pour faire sortir ce putain de placenta de mes couilles. Alors certes je n'ai eu ni perf, ni episio, ni points de suture, ... Mais je n'ai pas pu gérer ce que je voulais comme je voulais et j'enrage encore. Sans parler de cette sage femme a la c** qui est venue prendre ma fille après seulement 1h de peau a peau pour la mettre dans son body, la coucher dans le berceau et nous dire: Maintenant on dort. Si elle pleure vous la laisser pleurer c'est normal. Quand elle est sortie, j'ai attrapé ma fille hurlante et je ne l'ai plus lâchée. Nan mais ho! Ils sont qui pour nous dire comment gérer nos nouveaux nés!

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  4. Vio........tes récit sont à chaque fois criant de vérité ! ils font mal mais ils font du bien ^^ on est un peu " toc toc" des fois. merci de partager cela, de te livrer à corps perdu, ça nous aide, ça m'aide.........merci encore ..........je réalise quil est si difficile de se faire entendre lorsqu'on accouche , on est tellement vulnérable, là larvée, étalée, tout le monde s'agite et on ne maitrise plus rien, si on proteste même calmement on nous remet à notre place......quelle tristesse, ces instants si singuliers et magique pour nous sont souvent gachés par des professionnels qui ne se rendent plus compte de ce qu'ils font.........je croise les doigts pour un jour vivre un accouchement avec des lutins, de la musique, de l 'amour, des bisounours et pourquoi pas des paillettes...plein les yeux !

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  5. Je lis de plus en plus ce genre de récits d'accouchements qui se passent assez difficilement. Pour mon 1er accouchement, je faisais confiance à 100% au corps médical. Aujourd'hui, avec le recul et grâce aux récits d'accouchements qui ne sont pas tout roses, je sais qu'on est parfois mal traitées, que nous avons le droit aussi d'exprimer notre avis et de ne pas nous laisser faire et j'espère avoir le cran nécessaire pour exprimer mon mécontentement, s'il le faut, le mois prochain pour mon second accouchement. Alors merci à toi et à toutes les autres qui le font, de nous raconter aussi quand ça ne se passe pas exactement de la meilleure des façons...

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  6. Voilà,je pleure.
    Mon dernier accouchement a 15 jours, et il y a eu aussi un souci pour la délivrance. Les sage femmes m'ont demandé d'appuyer moi même sur mon ventre (et pour éviter une révision utérine, déjà expérimentée, crois moi, j'ai appuyé. Bleus aussi) c'est tellement mieux quand on nous laisse maître des choses. Voilà, c'était ma contribution pour ne pas désespérer du genre humain...

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  7. Euh ... j'ai eu le même bug que toi sur la phrase du pédiatre ... sérieux, il y crois à ce qu'il t'a dit ��
    Et brrr, j'avais trouvé ton récit d'accouchement beau et drôle, mais je comprends pourquoi il t'a fallu tant de temps pour digérer la délivrance...
    Ici, sans avoir été aussi brutale, outre le manque complet d'empathie et d'accompagnement qui m'ont poussé à demander la péridurale lors de la phase de désespérance, péridurale qui s'est révélé inutile puisque j'étais quasiment à complet mais que la sage-femme n'a pas jugé bon d'annuler (alors même que mon choix initial était de faire sans), ce qui m'a choqué, c'est qu'à peine LutinCoquin né, elle s'est jetée sur moi pour m'injecter un truc (je comprendrais plus tard que c'était de l'ocytocine), sans rien expliquer, en forçant comme une malade car du fait de mes veines fragiles, la perf avait coudée ... j'ai eu un bleu sur tout l'avant bras pendant 3 semaine, parfait pour porter un nouveau né ...
    Alors, certes mon accouchement avait été rapide et peut-être que j'aurais fait une hémorragie de la délivrance mais j'aurais vraiment aimé qu'on me laisse un peu plus le temps d'atterrir ��

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  8. Le titre est parfait et il ne serait pas abusif d'y ajouter le mot boucherie. J'y suis passée en 2011 avec l'horrible impression de me faire éviscerer dans des souffrances abominables avec juste ma gueule à fermer.
    Ces violences restent gravées au fond de moi de manière indélébile...
    ...et mon fils restera fils unique.
    PLUS JAMAIS ÇA

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  9. Même si ce n'est pas tout à fait le thème de l'article, je resterai à jamais marqué par ce courage dont tu as fait preuve ce jour-là. C'est bien l'acte le plus héroïque auquel j'ai assisté de ma vie. Spiderman, batman et autre superman, sont des petits joueurs à côté. <3

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  10. A lire les témoignages, les violences obstéticales sont également très à la mode ! Je n'en reviens pas de cette phrase (bug complet moi aussi). J'ai lu aussi un commentaire disant qu'"avant" beaucoup de femmes mourraient en donnant naissance à leur enfant donc qu'il ne fallait pas trop se plaindre... Vive le progrès !

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  11. À retardement, je te prends dans mes bras et je te dis à l'oreille toutes ces phrases que tu aurais dû entendre ce jour-là. À retardement, je te donne toute ma force et mon énergie pour affronter toute cette horreur. À retardement, ça ne sert à rien. Je t'embrasse quand même.

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  12. Je n'y ai jamais repensé, mais effectivement j'ai, 2 ans et demi après, encore mal sur mon ventre à l'idée de le toucher...

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  13. Bonjour Vio,
    Je lis assidûment tes posts et articles, et tes mots raisonnent souvent en moi quant à ce que tu fais/vis avec et pour tes enfants.
    Je suis scotchée et émue, autant par le courage dont tu as fait preuve pour accoucher de la manière qui te convenait que par la violence que tu décris lors de la délivrance.
    Je suis maman d'un petit garçon de 2 ans 1/2, mon accouchement s'est déroulé à terme, sans complication, avec une peri que j'ai demandé au moment de la phase de désespoir alors que mon col était à 7 (ah si j'avais su...). Tout s'est "bien passé " mais j'ai toujours eu le regret de ne pas m'être assez écouté et fait confiance pour aller au bout sans peri alors que c'était mon souhait de départ. La lecture de ton article me donne sérieusement envie de réfléchir à un accouchement à la maison quand l'heure viendra pour moi d'enfanter à nouveau...
    Merci de partager ton vécu, je te souhaite du bonheur à n'en plus finir.
    Gathou

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  14. Et bien écoute, ton récit me bouleverse car j'ai moi aussi vécu quelque chose d'atrocement douloureux après que LaLutine soit sortie par césarienne, et je ne sais toujours pas si c'est "normal". Je n'arrive pas à imprimer qu'il puisse être normal d'appuyer de tout son poids sur l'utérus d'une femme venant d'accoucher par césarienne ( et ayant subi une ENDOMETRITE nom de dieu !!! )TOUTES LES 15 MINUTES pendant 6 heures.
    Je pleurais toutes les larmes de mon corps lorsque je voyais l'homme/la femme ( changement de service entre temps ) s'approcher de mon brancard. L'unique brancard dans une pièce de 30 mètres carrés.
    J'étais seule moi aussi, j'étais terrorisée, je ne savais pas où étaient partis Musclor et LaLutine depuis que cette dernière avait pu poser sa tête 30 secondes sur mon épaule endolorie, au bloc opératoire.
    Ca a été les heures les plus longues et douloureuses de ma vie ( et pourtant j'ai vu ma mère décéder, c'est dire ).

    Encore 2 ans après, ce n'est pas digéré tout simplement car je n'arrive pas à savoir si c'est "normal", "protocolaire", appelons-ça comme on veut.

    Bisous baveux ma Vio <3

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  15. Pfiou, que dire... D'abord je suis désolée que tu aies vécu ça. Ensuite merci pour ton récit, ton témoignage. Je ne veux pas revenir sur mon propre accouchement mais put* comme tu dis il faut vraiment qu'on se bouge pour que ce genre de choses n'arrive plus, n'arrive pas à nos filles !

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  16. Ça fait bientôt 10 mois que ma fille est née et je me souviens encore des violences obstétriques que j'ai pu avoir pendant et après la grossesse. Comme toi, le placenta ne voulant pas sortir on a appuyé encore et encore jusqu'à ce que je dise qu il fallait que je pousse. J'ai poussé, il est sorti. Mais c était sans compter l'artère qui lâche et qu'on rappuie sur ton ventre pour voir si le sang vole toujours aussi bien. Oui mesdames, il m en reste quelques litres. Amusant. Ça a duré jusque dans la chambre ou j'ai fini par virer la main de la sage femme en lui hurlant dessus... l'accouchement était une partie de golf à côté de ça.

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Allons chaton, tu ne vas quand même pas sortir sans faire un bisou à ta vieille tata !

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