vendredi 22 mai 2015

Les points sur les j.

Franchement, tu abuses. 

Ta fille a eu le droit à un billet pour chacun de ses anniversaires, des éloges sur les réseaux sociaux, des émoticônes larmoyants, des cœurs sur Twitter, et patati et patata. C'est un peu ridicule, je t'avoue, tu ressembles à une poule épileptique dans ces moments-là. Mais c'est mignon, quand même, et puis je t'aime moi, alors, je passe tes excès de Plume (pour une volaille tu me diras, c'est bien normal).

Je ne suis pas jaloux, je constate. 

Mais puisque tu me laisses le clavier aujourd'hui, et que tu m'autorises à raconter ce que je veux, je préfère être franc : ouais, tu abuses.

Tu leur a dit, à ceux qui te lisent, hein ? Coucou, ceux qui lisent ! Tu leur a parlé de nous ? Non, j'suis sûr ! Il faut tout faire soi-même dans cette baraque. Tss. Bon. 

Notre histoire avait plutôt mal commencé. J'ai déboulé dans ta vie comme ça, sans prévenir, mais l'amour ça n'envoie jamais d'invitation hein, et puis j'ai été un peu relou. Aujourd'hui encore je me demande si tu voulais vraiment de moi, au début. Je crois que je ne saurai jamais. Je me suis accroché, je t'ai suivie partout, je suis un vrai casse-couilles, c'est ma mère qui le dit. Et j'ai eu raison, tu vois. 

J'ai failli partir, pour de bon. C'était quoi ? Un mois et demi après notre rencontre ? Quelque chose comme ça. Il m'est arrivé un truc grave que bon, je vais pas raconter sur ton blog, parce qu'ils sont bien marrants les zozos dans les commentaires, mais moi je les connais pas. Après ça, j'ai été en danger, pendant plusieurs mois. On savait pas si j'allais survivre, c'était vraiment chaud patate. J'avais besoin de toi. Je crois que c'est à ce moment-là que t'as définitivement craqué. Hein ? C'est ton côté Mère Térésa. T'es devenue aussi dingue de moi que je l'étais de toi. On s'est battus ensemble.


Il y avait ta fille. Je l'aime beaucoup, tu sais. Je n'ai eu aucun mal à l'accepter. Elle me fait marrer, avec ses grosses joues rouges et son nez de chat. 

Tu as eu peur que mon arrivée bouleverse sa petite vie, à elle aussi. On dit "la grande", mais toi et moi on sait combien elle était encore bébé, ta grande. 

C'est pour ça qu'au départ je suis resté à l'écart. 

Mais un jour, c'est dans mon tempérament, un peu imprévisible, un peu chiant j'avoue, mais attachant hein, bref, j'en ai eu marre d'attendre. Je t'ai envoyé plusieurs messages, je voulais la rencontrer. Tu me disais que je faisais partie de votre famille, à ma façon, mais j'avais encore jamais mis les pieds dans votre appartement. Comprend ma situation, c'était délicat.

Je venais de me remettre de mon accident, j'allais mieux. J'étais en pleine forme, quoiqu'un peu maigrichon t'as raison. J'ai pensé que c'était le bon moment. 

Ce jour-là je me souviens.

Tu me disais "non, je ne suis pas prête". 
J'ai décidé d'arriver quand même.

Sauf que tout ne s'est pas passé comme prévu, bien sûr hein, moi je commence à m'habituer, mais pas toi, vu ta tête. Encore une fois j'ai fini à l’hôpital, et encore une fois tu as passé tout ton temps avec moi. J'avais besoin de toi plus que jamais, mais je sais que la réciproque est aussi vraie. 

J'ai le droit de le dire, ça ? Chaque jour, dès l'ouverture du service et jusqu'à la fermeture, tu as sauté tes repas et tes douches (je ne ferai aucune remarque sur ton haleine de prout de mammouth, promis) pour rester à mon chevet. Charlotte, blouse, sur-chaussons, masque... Malgré cet attirail de combat, je n'avais aucun mal à te reconnaître quand tu passais la porte, armée de ton amour de géante. Tu posais ta main sur mon front et tu me regardais des heures en souriant un peu niaisement, tu croyais que je ne te voyais pas. Et soudainement, tu devenais toute petite, aussi petite que ta fille, tu te mettais à pleurer et à trembler, au milieu des écrans, des alarmes et des tuyaux. On aurait dit une poule épileptique, encore. Mais très triste, la poule. Tu répétais "pardon, pardon, pardon", mais pardon de quoi ? T'y es pour rien, toi, si je suis un peu casse-cou.

Si je suis sorti de là indemne, c'est un peu grâce à toi. Ta chaleur, tes câlins, surtout les câlins interdits, quand les infirmières avaient le dos tourné, tes mots, tes blagues pourries... ta présence.

Si je suis sorti de là sans aucune séquelle, c'est vrai, c'est aussi (et surtout) parce que je suis très courageux et costaud, d'ailleurs tes copines m'appelaient le guerrier, tu te souviens, elles te demandaient "comment va ton guerrier ?"... mais je ne veux pas passer pour un prétentieux péteux.

Finalement, il y a un an, j'ai emménagé avec vous. Pour rattraper le temps perdu, on a dormi collés dans le même lit, à se toucher, se renifler, comme des bêtes, pendant des semaines entières. Et on s'est promis de ne plus se quitter. C'est beau, on dirait du Disney. 

Et j'ai bien fait de me battre pour en arriver là, tu crois pas ? 
T'as l'air heureuse, je trouve. 



Après tout ce qu'on a vécu, tous les deux.
T'aurais au moins pu écrire un article.
Pour mon anniversaire.
T'abuses maman.

14 commentaires :

  1. T'abuses c'est vrai, mais tu écris bien !

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  2. Joyeux anniversaire super warrior ! (Depuis quand t'es devenu blond ? J'ai raté un épisode !)
    Pas merci de m'avoir fait pleurer.
    Des bises à partager avec ta vieille.

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  3. Happy birthday Grand guerrier !! J'adore la plume que tu as, pour ton âge tu es très fort. Pleins de bisous d'une maman poule et de son petit Léon

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  4. Quel beau billet! T'es fort pour faire pleurer les mamans petit lardon! :)

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  5. C'est interdit d'écrire bien comme ça à cet âge là !
    Joyeux anniversaire petit guerrier !

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  6. Finalement, c'est pas plus mal que ta maman ait oublié de blogger car je crois que tu débrouilles encore mieux qu'elle ;-) Joyeux anniversaire !

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  7. Ben dis donc je savais que t'étais aussi casse cou gamin ! Jte fais des bisous pour ton anniversaire tiens !

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  8. Oh bah tu m'as mis les larmes aux yeux ! Je m'y attendais pas. Bon anniversaire ! :)

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  9. Et voilà j'ai encore pleuré! Joyeux anniversaire petit guerrier!

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  10. C'est magnifique. Happy Birthday à ton petit guerrier

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  11. JOYEUX ANNIVERSAIRE en retard. C’est tellement beau et doux cet hommage, émultionnée ;-)

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  12. Anne Ihilation30 mai 2015 à 21:05

    Tain tu m'as fait chialer !

    Voilà, mon super premier com pour ton super blog, qui me tient compagnie quand mon Cookie tête la nuit, et qui me remonte le moral quand je sens la dépression poindre avec ce reflux de merde.
    J'ai presque envie de te dire que je t'aime, mais pour le moment je me contente d'un bisou sur la fesse (ouuh folie dis donc :p)

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  13. Quel joli texte (tu m'as rendue neuneu) (une vraie pouf blonde)
    C'est beau.

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Allons chaton, tu ne vas quand même pas sortir sans faire un bisou à ta vieille tata !

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