lundi 29 septembre 2014

Le petit T3

Avant, on n'avait pas de table pour manger. On engloutissait tous les soirs nos pâtes sur la table basse du salon-salle-à-manger-bureau-cuisine-salle-de-jeux-entrée comme deux étudiants en regardant le film que Pantoufle Man nous choisissait (sa mission quotidienne, que dis-je, son sacerdoce, étant de parfaire ma culture afin que je fasse sensation dans les soirées mondaines). Avant, on dormait dans un lit de 120, celui que ma mère m'avait offert quand j'étais en âge de recevoir des copains dormir dans ma piaule, mon premier lit de grande, mais pas trop grande quand même, un copain à la fois, faut pas déconner, et tiens, voilà des capotes. On dormait donc à trois dans ce lit conçu pour une personne et demie : l'Homme casant son mètre quatre-vingt-dix dans la diagonale, le Lardon roulant allègrement au milieu, et mes grosses fesses pleines de muffins en lévitation au-dessus du carrelage. Avant, l'étendoir à linge me servait de table de chevet, et j'avoue que je trouvais un certain charme à partir chaque matin à la chasse-aux-lunettes au milieu des chaussettes propres. Avant, on avait un coin qu'on appelait pompeusement "cuisine américaine" pour que Mémé au téléphone ne se fasse pas de soucis, mais qui se résumait en fait à une plaque chauffante et un évier dissimulés derrière un comptoir. De fait, avant, on avait acheté tout notre électroménager en version "mini" : un micro lave-vaisselle, un rikiki-congélo et un four-minus. Je pouvais donc préparer d'avance la quantité astronomique de... six petits pots pour ma Naine, et envisager de faire cuire une demi-pizza lorsqu'on recevait du monde. Fiesta. Avant, on avait un petit balcon tout à fait mignon, dont la moitié de la surface était recouverte par une table dont on ne pouvait pas faire le tour, et qui servait d'établi au Mâle en manque de garage. Avant, on avait une voisine du dessous complètement hystérique qui montait nous hurler dans les oreilles dès qu'on faisait tomber une petite cuillère par-terre, alors le soir après 20h on marchait en chaussettes en soulevant doucement nos guiboles au ralenti comme si on était sur la lune, et on faisait bien attention de ne pas faire résonner le pipi dans la cuvette la nuit. 

Mais ça, c'était avant.


5 commentaires :

  1. Du coup c'est pratique, tu n'as besoin que d'un mini camion pour déménager !?!? :D

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  2. Bon déménagement ma belle, c'est pour nous tout bientôt aussiiiii <3

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  3. Ahah! Avoir une table, mon rêve! (J'avais même pris un billet de tombola au téléthon pour en gagner une!)
    On mange à quatre sur un demi-comptoir, ça soude une famille!
    Et un canapé, ce serait le pied! On a deux gros poufs parce qu'il n'y a pas la place dans notre "pièce à vivre" (résumé de tout ce que tu as cité dans ton article).
    Par contre, à 5 mois de grossesse, on a tout misé sur un nouveau matelas en passant de 90*200 à 160*200!!! Magique! Par contre, juste le matelas, hein, pas le lit....
    je suis super contente pour toi du coup, ça va être une nouvelle vie pour vous tous! Fais nous baver d'envie dans tes prochains articles!
    Et courage pour le déménagement!

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  4. Je ris toujours autant à la lecture de tes billets ! J'ai été un peu lointaine ces derniers temps mais bébé poilu m'a pris du temps ;-)

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  5. J'ai ri ! j'ai l'appartement dans lequel je cohabite avec le grincheux.
    Enfin, notre pièce quoi, comme j'aime si souvent le dire (enfin, j'aime, j'aime, c'est vite dit).
    L'avantage, c'est qu'on a pas besoin de faire de visite, et les gens n'ont pas besoin de demander "c'est quelle porte les toilettes".

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Allons chaton, tu ne vas quand même pas sortir sans faire un bisou à ta vieille tata !

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