mercredi 22 janvier 2014

Le démoulage de Miss Prout-Prout

A la fin de ma grossesse, j'ai tout essayé pour que la grenouille pointe le bout de ses fontanelles. Feuilles de framboisier, sauge, huile d'onagre, clous de girofles, randonnées, accupression, rites vaudous et incantations sous la lune... tout ça n'a plus aucun secret pour moi. Les carreaux de mes fenêtres n'avait jamais été aussi propres, les valises étaient prêtes, mes hémorroïdes et moi n'attendions plus qu'un signe de la part de notre copain le bouchon muqueux.

Here we go.

Dimanche 28 avril 2013

# 2h37. Je vais me coucher tard, comme d'habitude, après avoir tartiné mon hectare de peau d'huile d'amande douce, regardé le fond de ma culotte à la loupe et passé sept minutes à monter les escaliers. Une fois de trois quart avec une jambe surélevée par trois coussins le bras gauche en angle droit et les plis du drap lissés allongée dans le noir, j'attends un mouvement de ma locataire pour m'endormir sereinement. Quelques secondes plus tard, l'enfant entame sa séance quotidienne de boxe, et je sombre dans le sommeil avec un sourire un peu concon accroché sous le nez.

# 3h01. Une sensation d'inconfort me tire subitement d'un joli rêve à base de sushis. Quelque chose ne va pas. Je retourne mon oreiller (j'avais bavé dessus, donc je me mets au sec, normal quoi) et je tente de retrouver mes baguettes japonaises.

# 3h18. Cette fois c'est clair : j'ai ressenti une vague dans le bas du ventre. C'est exactement la meme sensation que lorsque j'avais mes règles, dans une autre vie. Je n'ai pas vraiment mal, c'est juste assez désagréable pour me tenir éveillée. A moins que ce ne soit l'excitation.

# 4h32. Les yeux ronds comme des billes, je décide de me lever. Les "vagues" reviennent toutes les quinze minutes, je vais prendre un bain avec de la mousse et des bougies, je me crame une mèche de cheveux, tout va bien.

# 5h48. Je fais des mouvements sur mon ballon de grossesse en surfant tranquillement sur Internet. Les contractions sont régulières, largement supportables, et moi je suis tellement contente que j'ai l'impression d'avoir fumé la moquette (mais genre une moquette verte qui pousse dans un pot).




# 9h12. L'Homme se lève et me retrouve échouée sur le canapé, une tisane à la main. Je lui fais un compte-rendu de ma nuit, mais il ne s'affole pas. J'ai déjà fait des faux-travails les semaines précédentes. Mais cette fois je sens que c'est différent. Je lui fais part de mon intuition. Il lève un sourcil et va pisser.

# 15h56. J'ai passé la journée dans mon peignoir bleu, à vérifier les valises et à lire des récits d'accouchement sur des blogs (coucou femme en plein travail, je te vois). L'Homme a pris soin de moi et de la voiture.



# 20h17. Les contractions sont plus intenses, reviennent toutes les cinq minutes environ, mais je suis loin d’être pliée en deux. Je lance même "Oh bah, si c'est ça accoucher, ça va être les doigts dans le nez." Phrase que l'Homme me ressort en ricanant à chaque occasion, depuis.

# 20h33. L'Homme lance un épisode d’Enquête Exclusive en replay, allume un feu, et commence à préparer une soupe de légumes bio pour que je fasse le plein de vitamines. Il est mignon quand il s'y met, ce garçon.


Figure 1 : La JOIE.

# 21h05. Un bouchon de champagne saute quelque part dans ma culotte.

"Chéri, t'as entendu ?
- Non, quoi ?
- Bah le bruit, là. Cette contraction était bizarre, il s'est passé un truc. Oh putain je me pisse dessus, mon périnée tire sa révérence, c'est quoi ce bordel...
- Tu es sûre ? Tu veux que je regarde ? Ah ben oui, je crois que tu perds les eaux !
- Y a pas de sang ?
- Non. Mais ça fait chier, ma soupe est pas cuite."

Les chutes du Niagara et moi, on s'enferme dans les toilettes.

# 22h07. Après avoir savouré mon bol de soupe au coin du feu, mes derniers instants de femme enceinte, je décide qu'il est temps de partir. Depuis que la poche s'est rompue, les contractions se sont sérieusement intensifiées. Je prends une douche rapide et enfile une robe-pull et des bottes pendant que l'Homme charge la voiture. Une serviette de toilette entre les jambes (le style les filles, toujours penser au style), je traverse la cour comme un cowboy et j'embarque à mon tour. Nous habitons à la montagne, à quarante minutes de la maternité (coucou les femmes enceintes de la campagne qui ont peur de se retrouver dans les faits-divers sordides, je vous voiiis). A chaque village que nous passons, je maudis le type qui a inventé les ralentisseurs. J'ai l'impression de ressentir la moindre aspérité de la route dans mon vagin. Les pieds sur le tableau de bord, je gère cependant comme une championne (mais une championne très grossière).

"Ralentiiiiis j'ai mal !
- Mais... je roule déjà à trente sur une nationale, chérie... sois courageuse, on va arriver bientôt, je suis là...
- Arrête de parler."

Oui bon. J'étais devenue une femme à deux visages. Pendant le pic de la contraction je m'enfermais dans ma bulle blindée, il ne fallait pas me solliciter, me toucher ou PIRE, m'adresser la parole. Ensuite, pendant les quelques minutes de répit, j'étais une fille-guimauve à la fois attendrie et survoltée, tout à fait encline à prendre en compte l'éventuelle existence d'un individu de type masculin doté de chaussettes dépareillées (et accessoirement d'émotions) à mes côtés.

# 22h58. L'homme me dépose devant les portes de la maternité et file garer la voiture. J'annonce fièrement à la sage-femme de garde que j'ai perdu les eaux et que j'ai des contractions depuis la nuit précédente. A ce moment-là j'étais encore jeune, fraîche et naïve. 

# 23h01. Dans la salle d'examen, la sage-femme m'annonce que je suis à "un bon centimètre". Je perds subitement toute naïveté et toute fraîcheur, et je deviens blanche (je veux dire, plus blanche que d'ordinaire) (sachant que pour moi, il faudrait que Sephora invente la nuance de fond de teint "cadavre réfrigéré"). Ce n'était donc que... le DÉBUT.

Lundi 29 avril 2013

# 01h16. Dans l'atmosphère vieillotte (peinture jaune façon pipi-concentré et posters de fleurs, ambiance Valérie Damidot dans les seventies) mais réconfortante de la chambre 109, enfin libre de mes mouvements, les contractions sont étonnamment plus faciles à gérer que lorsque j'étais recroquevillée à l'avant de ma petite 206. Finalement, je m'habitue presque à ce rythme. Avec l'Homme on papote, et quand une contraction arrive je lui fais signe. Il se tait, me regarde droit dans les yeux et me laisse reproduire les positions antalgiques apprises lors des séances de préparation à l'accouchement. Quand c'est fini, je me lève et je déambule dans la chambre (elle est grande, c'est une chambre double mais nous sommes les seuls dedans). 

# 03h24. Je commence à fatiguer. On ne veut pas me donner à boire ni à manger. Heureusement, concernant "ces choses-là", je ne perds jamais le nord : j'avais prévu un stock de gâteaux pour l'Homme et des gourdes de compotes à boire pour moi (estomac sur pattes qui me lit, si tu envisages de te reproduire dans un futur proche, n'oublie pas ce détail dans ta valise de maternité) (et pense à venir me remercier après, t'es mignonne). Je m'en enfile deux : pomme-fraise et pomme-banane (ah bah sur Hellocoton on m'a demandé des DÉTAILS). 

# 03h41. La sage-femme vient me poser un monitoring pour une demi-heure de surveillance. Mon champ de liberté s'en trouve abominablement réduit, mais les battements du cœur de mon lardon m'aident à passer les contractions convenablement. J'ai toujours aimé les bruits répétitifs, ça m'aide à me concentrer. 

# 04h27. Mon principal ennemi désormais, c'est la fatigue. J'ai l'impression d'être au bout du rouleau, la douleur augmente progressivement mais j'ai peur de ne pas pouvoir suivre le rythme. Ma tension chute. Je suis dilatée à trois centimètres. Comme je souhaite accoucher dans l'eau et sans péridurale (la petite miette de naïveté qu'il me reste, tu sais), l'infirmière me propose une injection dans la fesse pour m'aider à dormir deux heures. Elle me dit de garder mes forces pour la dernière ligne droite. Elle est drôle. 

"Vous êtes debout depuis longtemps, vous fournissez un effort intense depuis plusieurs heures, vous mourez littéralement de faim et de soif (rho ça va j'exagère À PEINE), mais il faut économiser votre énergie pour la poussée finale, qui se déroulera dans environ un siècle et demi, soyez courageuse."

# 07h04. Dormir un peu m'a fait un bien fou. La douleur des contractions est revenue progressivement, me sortant du sommeil en "douceur". Je retourne à mon petit manège : marcher, bouger, faire des exercices sur le ballon, et surmonter les contractions les unes après les autres en me réfugiant dans ma tête comme un moine tibétain. 



# 09h21. On me donne des antibiotiques (rapport à la poche des eaux rompue douze heures avant, les microbes tout ça). J'en profite pour demander un suppositoire de glycérine. 

Il faut savoir qu'avant d'accoucher j'avais deux grandes peurs : l'épisiotomie et le caca. Du coup ça me rassurait de pouvoir aller faire mes petites affaires avant de passer en salle de naissance.

# 09h34. A cause d'une contraction, je n'ai pas réussi à garder la fusée miniature dans mon divin fondement, et j'ai envie de pleurer quand je la vois flotter toute seule au fond de la cuvette des toilettes. On dirait Jack dans Titanic, mais sans Rose. Et c'est triste.

# 12h48. Je suis toujours à 3cm.

# 12h50. Je ne veux plus jamais avoir d'enfants. 

# 14h28. La gynécologue de garde vient m'annoncer qu'il va falloir me poser une perfusion d'ocytocine de synthèse pour accélérer le travail, parce que mon bébé escargot pourrait commencer à souffrir des contractions. On me dit clairement que si elle n'est pas née d'ici quelques heures, j'aurais malheureusement droit à une césarienne. L'équipe est au top et me rassure, pour une primipare je m'en sors apparemment très bien. Je suis ravie de l'apprendre. Je passe en salle de naissance avec mon Homme et mon doudou. Les infirmières me trouvent mignonne, je suis la plus jeune du service et je crois qu'elles ont pitié de moi, mais chut.

# 14h49. La perfusion fait son job : elle me cloue sur place avec des contractions atroces qui font des montagnes sur le tracé du monitoring. 

# 14h51. Je veux mourir sur-le-champ, et qu'ça saute, arrachez-moi l'utérus avec les dents, c'est la fin des haricots, je ne suis pas courageuse du tout, je veux ma maman, je veux retourner en CE2 apprendre mes tables de multiplication, je veux m'en aller, salut la compagnie.

# 15h03. Mon col stagne à trois centimètres. On me dit qu'il va falloir augmenter la dose, et que vu mon état d'épuisement, il vaudrait mieux que j'accepte une péridurale pour pouvoir être efficace lors de la poussée (dans mille ans, donc). J'accepte.

# 15h05. La sage-femme enseigne à l'Homme l'art magique de l'acupression pour qu'il puisse m'aider (je peux te dire qu'à force d'appuyer, il avait les pouces tous rouges et endoloris) (mais je dis : JUSTICE). C'est vraiment efficace.

# 15h37. Dieu arrive dans un halo de lumière avec sa belle, longue et dure... aiguille, et il me sauve la vie. Pour ceux et celles qui cherchent encore à percer le mystère divin, sachez que Dieu est bedonnant et brun, un peu bourru, et qu'il porte une blouse bleue avec une charlotte assortie (un ensemble un peu compliqué à restituer sur les vitraux de Notre-Dame de Paris, tu comprends).

# 15h44. Je redeviens une personne aimable et courtoise.

# 18h12. Mon col reste bloqué à 3cm selon la sage-femme, et 3,5cm selon la gynéco. Autrement dit, c'est entre "archi-crotte" et "moyen-crotte". On me dit qu'on va m'injecter du Spasphon en une seule fois, en intra-veineuse, parce que ça peut aider le col à se dilater. Je vois bien que toute l'équipe fait de son mieux pour m'éviter de finir au bloc. 

# 18h13. La sage-femme m'administre le Spasphon durant une contraction. J'entends une femme pousser dans la salle d'à-côté, la fameuse salle "Nature", celle où se trouve la baignoire de naissance. Celle où j'aurais rêvé d’être. Celle où j'aurais dû être. J'ai un coup de blues. J'appelle ma mère pour la première et dernière fois depuis le début.



# 18h17. La gynécologue vient m'expliquer qu'ils se laissent encore une heure avant d'avoir recours à la césarienne. Mon lardon ne souffre pas des contractions, pas encore, son cœur est bon, mais ça commence à être long pour elle (ça, je SAIS). En plus, ça va bientôt faire 24h que la poche des eaux s'est rompue, et malgré les antibiotiques qu'on me donne à intervalles réguliers, ça les inquiète. A ce moment-là, j'ai regardé l'Homme avec les yeux tous mouillés. 

J'avais l'impression d'avoir tout foiré. Je m'étais préparée pendant presque neuf mois à accoucher comme dans mes rêves, c'est-à-dire de façon naturelle, dans l'eau avec des bougies au cèdre et de la musique de hippie, dans un espace chaleureux, entourée d'une équipe réduite au strict minimum (la sage-femme, l'Homme, ma pom'pote et mon doudou). Mais non. J'étais là, épuisée, sanglée sur un lit par le monitoring, et perfusée dans les deux bras (si, si) en plus de la péridurale. Mes lèvres étaient en train de craqueler tellement j'avais soif et j'avais envie d'une omelette norvégienne. Madame ne sait même pas faire un bébé, voilà. Lolilol de feu. Manquait plus qu'une épisio et un caca.

# 18h30. L'homme va manger son plateau-repas dans la chambre en dix minutes chrono pour ne pas trop me laisser seule. Croisant sa tête déconfite dans le couloir, une adorable aide-soignante lui prépare un chocolat chaud, le meilleur de sa vie selon lui (mais tout ça évidemment, il ne me le dira que le lendemain, parce qu'il est intelligent).

# 19h13. Je sens "quelque chose". Comme... tiens, comme un énorme popo d'éléphant constipé. Je me retiens, j'ai pas trop le choix, j'en parlerai à la sage-femme quand elle reviendra.

# 19h24. La sage-femme entre dans la pièce. Elle dit "Bon, je vais regarder où ça en est avant de quitter mon service, ensuite je vous présenterai celle qui prendra la relève." Moi je réponds en rigolant "Bah ! Je parie sur 3,6cm !". Les doigts à peine fourrés dans mon intérieur, elle les retire comme si ma fille l'avait mordue. Son visage s'illumine et elle m'annonce triomphante : "Ah ben ça alors ! Vous êtes à dilatation complète et votre bébé est très bien engagé. Finalement c'est moi qui vais vous accompagner, ne bougez surtout pas le temps qu'on mette tout en place. Surtout ne poussez pas hein ! Si l'envie vous prend, essayez de vous détendre et concentrez-vous sur votre expiration." Elle sort en courant.

C'était pas une crotte ! C'était une tête !

J'ai envie de danser la macarena sur mon lit tellement je suis contente. Par contre je suis une rebelle, je décide de pousser quand même pendant les contractions (mais pas trop fort hein, ho, ça vaaa) pour que ma cacahuète descende encore. L'Homme n'en peut plus : il sort en courant lui aussi pour aller pisser. Le pipi le plus rapide de la galaxie. Mais je profite de ces instants seule pour encourager ma championne miniature. Je la sens qui progresse, je suis... je suis euh... un gros tas de meringue qui transpire. Heureuse et poisseuse, quoi. 

L'homme revient avec les yeux qui font des loopings dans les orbites et un sourire niais entre les deux oreilles.

L'équipe entre. Les étriers. "On voit la tête !" L'Homme regarde et me dit tout ému "Rolala... élapleindecheveutussairolalala...". Moi aussi je veux voir, je demande un miroir. On me montre vite fait, tellement vite fait qu'en fait je ne vois rien. Tant pis. C'est parti mon kiki ! Je pousse très fort, exactement comme si j'allais pondre l'équivalent du Mont Blanc sans vaseline, je suis un guerrier viking, j'ai peur de rien, tatatam, je suis gonflée à bloc. La péridurale marche à merveille : je sens tout, mais je ne souffre pas. La gynécologue entre à son tour et m'encourage. La sage-femme l'interroge du regard. Je suis pas nouille, je sais de quoi il s'agit. Le mot "épisiotomie" flotte en lettres de feu dans mon esprit, et je me mets mentalement à genoux pour supplier le dieu de la vulve sacrée de m'éviter ça. La gynéco jette un œil, le récupère et fait signe que non. "Laissez faire" elle dit. Youpi ! 

# 19h41. Après quatre poussées, on me propose de l'attraper. Elle est là. L'Homme me dit "Oooh... elle est là, oh... ellélahelléla !". Je mets mes deux mains sur ma bouche grande ouverte dans un cri muet, comme les gagnantes de La Nouvelle Star quand elles entendent leur nom. J'ouvre bien grand mes yeux mais je ne vois plus grand chose à cause de la bouillie de larmes qui s'invite tranquille sous mes paupières. 

On me pose un truc chaud et humide sur la poitrine, qui s'étale de tout son petit poids entre mes deux seins. Ma fille sent bon, elle sent les céréales. Elle ne pleure pas comme les bébés de BabyBoom, mais elle se met immédiatement à ramper. Tout va bien.

# 19h43. La sage-femme recoud ma déchirure tandis que la pédiatre regarde rapidement la petite. On me la rend tout de suite nue avec un bonnet bizarre sur la tête et on me la met au sein pour expulser le placenta.



# 19h49. Comme je suis curieuse et que l'Homme l'est aussi, on nous montre le placenta, la poche, le cordon... un petit cours de biologie improvisé qui amuse la sage-femme. Elle dit que c'est pas commun et que la plupart des parents ne veulent pas regarder, ou bien s'en fichent tout simplement, mais moi je ne veux rien rater, je veux tout imprimer sur ma rétine. Limite, j'aurais bien demandé à l'Homme de prendre une photo de ces "annexes" gluantes, mais j'ai pas osé.

Ensuite on est restés deux heures tous les trois, seuls au monde, avant de regagner la chambre. Elle et moi sur la table de travail en "peau à peau" sous une couverture, et l'Homme à côté sur son tabouret, avec les joues rouges et les cils mouillés.

# 22h19. La petite dort paisiblement dans son berceau en plexiglas, vêtue du petit pyjama blanc que j'avais acheté des années plus tôt sur un coup de cœur, pour "mon premier enfant, plus tard". L'Homme envoie un sms à nos parents pour leur annoncer la nouvelle. Et moi je mange ENFIN. 




Je n'ai pas eu d'épisiotomie et je n'ai pas fait caca.

L'aventure peut commencer. 



Une pensée particulière à... 

Virginie, la sage-femme, qui a su être ferme et douce, quand il le fallait, et qui s'est beaucoup appliquée pour écrire le prénom de ma fille sur son bracelet, meuf je ne t'oublierai jamais.
Fatima, l'aide-soignante infiniment humaine et enjouée qui réalisait là son premier accouchement, merci mille fois pour le chocolat chaud, pour la patience des jours suivants et surtout pour l'oreille attentive.
Bohème, la magnifique petite fille de la chambre d'à-côté, le fameux bébé-baignoire né quelques minutes avant ma fille. Ta maman est un véritable warrior, gamine.
Kipik, mon fidèle doudou depuis plus de vingt ans, toujours aussi moche, troué et cracra, mais tellement parfait.
Ma maman, pour le bouquet de fleurs reçu le lendemain par coursier, qui a dû coûter une blinde d'ailleurs, et qu'on a dû cacher dans la salle-de-bain parce que c'était interdit, mais qui m'a fait pleurer.
L'Homme, le Mâle, El Reproductor, l'anaconda. Chéri. Merci pour tout. Toi-même tu sais.
et bien sûr ma fille, ma toute petite, ma déjà grande, mon canard laqué, ma crapule des îles, mon bébé : Plume.




Mon accouchement était une expérience merveilleuse. La part psychorigide de mon être (que tu ne voudrais rencontrer pour rien au monde, crois moi) a mis quelques temps à accepter que tout ne se soit pas exactement déroulé "comme rêvé". Et le baby blues qui a joué les prolongations derrière y est en partie lié. Aujourd'hui, très honnêtement, je n'hésite pas à dire qu'il s'agit probablement là du plus beau jour de ma vie, jusqu'à présent. Rien que pour l'ascenseur émotionnel, les sensations inédites, l'expérience et LA rencontre.



Mon article sur l'allaitement , et sur la dépression post-partum ici


P. S. : Si tu es enceinte et que tu flippe ta race concernant "l'issue", fais comme moi, va-donc te prendre un grand shoot de bonheur cul-sec, chez Céline.

32 commentaires :

  1. Just waouh ... ♡

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  2. Hé bé tu vois, que la ventrèche se marie très bien avec la guimauve !

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  3. Gnii superbe récit, merci d'avoir partagé ce beau moment avec nous, c'est toujours très émouvant à lire :)
    Et puis ça me rappelle des souvenirs... L'attente, l'attente, l'attente, l'ocytocine, toussa toussa! :p

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    1. Merci pour ton commentaire ! Limite ça donnerait envie de recommencer hein ? :P

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    2. Hahaha! T'es preums! Moi je ne sais pas si on fera un ptit deuz, on se décidera peut être un jour, mais un jour lointain :p

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  4. Ma Violette (ben vi, on t'appelle toujours comme ça chez nous ^^) tu m'as tiré une petite larme et j'ai eu des frissons tout du long de ton récit :'). Même s'il ne s'est pas déroulé précisément comme tu l'aurais souhaité, je dois te dire que de l'extérieur ton accouchement paraît très beau si on fait abstraction de la durée des contractions :) ! Ta petite Plume est magnifique, et vous êtes une bien jolie petite famille... Merci pour tes articles toujours fort en émotions, humour et phrases si bien écrites. Tu as un don pour l'écriture, fais un bouquin toi aussi ma belle :)
    Mille bisous et merci pour le petit clin d'oeil à la fin, t'es une adoration ! Mais la dose de bonheur, elle se trouve aussi sur ton blog tu sais :)

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    1. En même temps j'allais pas raconter ça comme un drame, c'est sûr. Certains détails restent du domaine du privé. :) Ce qui est sûr, c'est que je n'aurais pas raconté mon accouchement de la même façon si j'avais dû le faire immédiatement après. C'est avec le recul que je savoure tous ces instants comme des petites pépites. Et je souhaite de tout coeur vivre une expérience comparable à la tienne pour l'Embryon deuxième du nom. :) Merci ma belle pour toutes tes gentillesses, en tout cas ! Grosses bises à vous trois.

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  5. Je suis Céline depuis les débuts de son blog, je suis tombée par hasard d'Hellocoton sur le tien et j'ai adoré lire ton récit! J'ai bien ris par moment, eu peur et puis les frissons... Quelle merveille en tout cas, félicitations pour ce beau bébé :)
    Je m'en vais lire la déprime post-partum, histoire d'être bien informée puisque mon terme est prévu pour dans 19 jours ^^

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    1. Merci pour ton commentaire Emelie, et surtout félicitations pour ta crevette ! C'est la dernière ligne droite, tu vas vite avoir ton bébé dans tes bras ! :)

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  6. Génial cet article, c'est trop mignon !!!!

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  7. Moi je veux juste pas faire caca devant mon mec :s

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    1. Ahah, je comprends. Moi non plus, avant. Mais l'Homme et moi avons eu l'occasion de voyager en van à travers l'Europe, dans la "précarité" (une précarité toute relative puisque choisie) et la promiscuité... du coup, beaucoup de barrières sont tombées par la force des choses avant que je n'accouche. Quand tu vis dans 3m², la pudeur tu connais pas. xD Il suffit parfois d'en parler avec son compagnon, aussi, pour dédramatiser. Le mien s'en fichait royalement, alors ça m'a rassuré.

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  8. Le truc assez fou avec ton blog, c'est que tu me donnes toujours envie de lire des articles qui à la base, me repoussent totalement.
    En gros, je ne veux pas d'enfant, clairement pas. Pourtant, ton écriture et ta façon de raconter des petits morceaux de ta vie me donnent toujours l'envie d'ouvrir ton blog. Une fois de plus, je me sens toute émue après la lecture d'un article sur un sujet que je n'aime pas à la base. Tu es magicienne ^^.
    La photo de ta fille et toi est super belle, on sent toute l'émotion que tu avais à cet instant et ça fait vraiment quelque chose. :)

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    1. Merci beaucoup d'avoir partagé tes impressions, je suis toujours très curieuse de savoir quel écho mes articles de maman gaga peuvent avoir chez les gens qui ne désirent pas d'enfants. Je crois qu'on peut tout à fait s'émerveiller devant le récit d'un événement pareil, même si on ne se sent pas concerné. :)

      Merci de me lire encore depuis tout ce temps !

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  9. Wahooo on ne se connaît pas, je lis ton blog pour la première fois et ton récit (lu par une nana enceinte de 4 mois et demie) me bouleverse, me fait sourire, m'émeut et tout et tout !
    Merci d'avoir partagé ton expérience, bienvenue à ton petit canard laqué ! J'te souhaite beaucoup de bonheur à vous 3 !!!
    Encore merci

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  10. Félicitations pour ton petit bout ! Et merci pour ton gentil commentaire. Bienvenue ici. :)

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  11. Hehe! Ben moi aussi, j'ai la ptite larme et pourtant, ça fait 7 mois que j'ai dépoté mon deuxième gluant, j'suis une grosse mauviette, faut croire... (mais non, c'est l'allaitement et ses chiennes d'hormones, hein?)
    Ou alors ce récit d'accouchement est super vivant, vibrant et poignant!
    J'ai aussi lu ton article sur la dépression post-partum... La mienne a duré 6 mois apres la naissance de ma preums, j'avais l'impression d'etre un zombie aveugle et sourd.
    Ben, j'en ai pas eu pour Numéro 2!!! Et pourtant ma fille était super facile (nuit de 7 heures a la sortie de la mat', jamais malade, belle comme un cœur) alors que mon Minus, il a jamais dormi plus de 3h d'affilée, il est polyallergique, a un reflux et il a la face couverte d'eczema (il est pas beau, quoi). Ben amour au premier regard quand même.
    Bref, désolée d'avoir raconté Ma vie sur Ton blog, j'avais juste prévu de te dire que j'adore ton style et que pour un Deuz, c'est direct plus facile.

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    1. Ahah tu m'as bien fait rire. J'aime bien qu'on me raconte sa vie dans les commentaires (et je ne me gêne pas pour faire pareil sur le blog des autres hein, tant qu'à faire). Merci pour ton passage ici, et pour ton petit témoignage encourageant. =}

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  12. "# 09h34. A cause d'une contraction, je n'ai pas réussi à garder la fusée miniature dans mon divin fondement, et j'ai envie de pleurer quand je la vois flotter toute seule au fond de la cuvette des toilettes. On dirait Jack dans Titanic, mais sans Rose. Et c'est triste."

    Hahahahahaha, ma hantiste.

    Manon
    ( http://n-i-n-i-c-h-e.blogspot.com )

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  13. Le mien est là si tu veux : http://elsa-saone.over-blog.com/article-la-muse-recit-d-accouchement-1-120952852.html

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  14. Arrivée de chez Chag, je laisse un petit commentaire pour te féliciter pour ce beau bébé et pour ton récit drôle et émouvant du démoulage! Et aussi parce que ma preum's de 7 mois s'appelle Plume (en 2ème prénom, le mari n'ayant pas donné son accord en 1er prénom ;-)

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  15. Je viens d'avoir 22ans, je ne veux absolument pas de bébé pour l'instant mais BORDEL mais j'ai tellement pris un malin plaisir à lire cet article!!!! wouahou quoi rien à dire c'est magnifique (enfin, à la fin :p )

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  16. j'ai lu tellement de récit d'accouchement en 7 ans que je m'ennuie parfois et passe du début à la fin sans lire le milieu… mais le tient bien que long, a été lu de la tête au pied…
    Bravo pour cette fraicheur et cette franchise mesurée, je découvre ton blog et ton style grâce à HC.
    A bientôt !

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  17. Ça pourrait être le récit de mon accouchement :) Un vrai plaisir à lire ! Merci pour tous ces instants précieux retrouvés !

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  18. J'adoooore ton article ! Tu m'as fait rire, mais rire... Vraiment tu écris super.

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  19. Trop génial ton récit!!!! Ici c'est pour dans environ 2 mois, AAAAHHHHH j'ai hâte!!!

    http://awolfmom.blogspot.fr

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  20. Ah merci pour le fou rire. Tu racontes ça si bien ;-)

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  21. Merci pour le récit ! J'y passe dans quelques mois et à la lecture j'ai alterné entre "j'ai hâte", "c'est trop tard pour tout annuler ?", "oh mon dieu, pourquoi on a fait ça ?!" et "vivement" :D

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  22. Wouaww... Sniff... Je me régale de te lire. Merveilleux accouchement, moi qui ai galéré sa maman pour que ça finisse en eau de boudin, je t'envie.

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Allons chaton, tu ne vas quand même pas sortir sans faire un bisou à ta vieille tata !

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