lundi 4 novembre 2013

Les principes d'éducation et ron et ron petit patapon.

Avant, j'étais un peu naïve. Je croyais que les bébés étaient d'adorables mini tas de chair rose qui sentent bon la lessive et qui émerveillent leur monde à grands coups de sourires édentés. Après, je suis tombée enceinte, comme on tombe amoureuse, comme on tombe des nues, comme on tombe par terre. A l'issue, c'est pas un secret, j'ai douillé ma race comme une truie qu'on égorge, je t'en prie lectrice ne te reproduis pas j'ai eu mal. Qu'on vienne pas me dire qu'il y a des enfants qui sortent de là comme des boulets bien huilés, hein, j'y crois pas. 

J'y crois plus. Parce que depuis, j'ai accouché.

Avant j'avais une liste longue comme le bras de principes éducatifs. Je l'avais rédigée sur un papier beige-sable-zen avec un feutre vert-dragon-swag, et j'avais fait des petits dessins rigolos dans la marge pour illustrer, je m'en souviens bien. Même que j'avais dû la recommencer trois fois parce que je ne voulais pas qu'il y ait de ratures (or, j'écris comme un singe aveugle bourré, et je ne peux pas m'empêcher de gribouiller tous les deux mots) (heureusement, c'est le genre de désagréments qui disparait avec le numérique, sinon je n'aurais jamais pu tenir un blog qui ensoleille ta journée, imagine un peu la misère). Ma merveilleuse liste s'est enrichie au fil des mois, a grandi avec amour dans ma tête, en même temps que mon alien gluant bébé choupinou poussait dans mon ventre. Et puis elle a fini à la poubelle, et mes principes avec.

J'y crois plus. Parce que depuis, je suis mère pour de vrai.

Enfin si, j'y crois un peu, en partie, parfois, entre un éclair au chocolat et un café, les jours de pleine lune, quand je suis pas constipée. Je suis une carpette et j'ai cédé. L'enfant crapouille a eu raison de moi, je suis une laaarve, à l'aide. Mais tant pis, c'est la vie, cui cui. Et au fond, peut-être que ce n'est pas si grave. Hein ? HEIN ?

Avant. Mon enfant, tu n'auras que des jouets écologiques en bois et en carton de pizza recyclés, recouverts d'une peinture tendance mais sans solvants, et dont la moitié du prix exhorbitant sera reversé à une association qui se chargera de redresser ton karma dans vingt ans. 
Après. D'accord, espèce de victime de la société de consommation, les jouets en plastique qui font bip-bip et tut-tut éveillent plus ton intérêt que les cubes en pin recouverts de haïkus (et que mon téton luisant, c'est dire), ça va, j'ai compris, je capitule crapule. Tu peux rendre son camion pouet-pouet qui parle anglais au petit Théophile-Barnabé maintenant, parce que là il pleure, et sa maman me regarde avec un air méchant qui veut probablement dire "remballe ta morveuse illico ou je te griffe dans le dos, ré mi fa sol la si." Merci.

C'est ainsi que, la semaine dernière, l'Homme et moi avons rangé le joli mobile vintage en bois qu'il y avait au-dessus du lit de Madame la Princesse de Proutland depuis sa naissance... et l'avons remplacé par son homologue en plastique homologué fabriqué en Chine, parce qu'il fait l'effet d'un joint bien tassé sur notre progéniture. Et parfois, je te jure, ça te sauve une soirée.


Je suis joli.

Je projette des étoiles au plafond, je chante des chansons, je fais de la lumière, j'ai un détecteur de pleurs intégré et je fais le café. Tu peux pas test.

Avant. Mon enfant, je veux que tu deviennes grand comme la tour Eiffel, fort comme un roquefort et que tu m'aimes gros comme le soleil. Pour ça, je te donnerai le sein pendant trois siècles avant d'enchaîner sur des petits pots maison que je passerai environ douze heures par jour à te préparer dans la cuisine, vêtue de mon tablier "super maman" et avec l'aide de mon ami le cuit-vapeur très sain (mais en plastique, bouh).
Après. Merde, il est 21h, demain je me lève tôt, et puis j'ai pas fini la dernière saison de (insérer ici un titre de série qu'il est très branché de regarder en ce moment), et puis ton papa me saoule depuis une semaine pour qu'on fasse l'amour comme des bêtes, et puis je dois refaire le nail-art sophistiqué sur mes orteils, et puis... Demain je passerai chez Leclerc, t'acheter un lot de petits pots trop chers et dégueulasses. Mais biologiques, hein. Je me fous pas de ta gueule.

C'est ainsi que, la mort dans l'âme, j'ai fait un stock de pots Babybio. Au cas où. Au pire. On sait jamais. Desfois que. Et vous savez quoi ? Ils sont plutôt bons.

Avant. Mon enfant, je serai ton armure, mes bras seront de velours pour t'enlacer, et d'acier pour te protéger. Je ne dévoilerai jamais, même sous la contrainte de devoir manger des huitres, la moindre parcelle de ton petit doigt gauche sur Internet. Mes copinautes n'auront qu'à bien se brosser, ton anatomie restera un secret, et ton identité un mystère.
Après. Tu es belle, tu es rousse, tu es rigolote et je suis fière de toi. Je suis verte de ne pas pouvoir partager chacune de tes grimaces avec mes millions de lecteurs. Desfois je me dis "huhu elle est terrible cette photo, elle ferait pisser de rire un croque-mort", et puis après je me dis "ha non, la famille, c'est sacré t'as vu, laisse tomber". Alors je me console en montrant ton oreille et ta cuisse sur les réseaux sociaux, en espérant que les gens devineront combien t'es la meilleure.

C'est ainsi qu'après moultes réflexions, j'ai décidé d'écrire son prénom quelque part sur la toile. D'un côté j'ai eu l'impression de chier un rondin dans le sens de la largeur, mais de l'autre ça m'a fait du bien. Et peut-être que si tu cherches bien, tu le trouveras. 


Vas-y poulette, chope la toxo, chope, c'est cadeau !

Avant. Mon enfant, dès que j'aurai une pause dans la journée, je bondirai dans ma petite voiture pour aller te voir chez la nounou, te faire des bisous partout et te caresser les cheveux dans le sens du poil, parce que tu me manquera trop et que la vie est injuste de séparer les bébés de leurs mamans kangourous.
Après. Entre deux cours, je vais me chercher un café au distributeur, j'ouvre Instagram sur ma tablette et je regarde la pluie par la fenêtre. Tout à fait par hasard, je me retrouve ensuite à faire des paniers virtuels que je ne validerai jamais, et à lire en diagonale les actualités avant de filer du mauvais hellocoton. Eventuellement, je prends ma voiture,   mais seulement pour aller acheter des piles parce que ton putain de mobile en consomme soixante par mois. Et puis après, j'ai plus le temps. Pardon mon canard.

C'est ainsi qu'est né cet article, félicitations, clap clap. 

4 commentaires :

  1. Putain, on est JUMELLES, bordel de cul ! Je ne vois aucune autre explication.

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    1. Je vais imprimer ton commentaire et m'en faire un headband, je reviens.
      *fière*

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  2. Tu m'as encore tué de rire :-) c'est pas (encore) du vécu pour moi, mais ça ne saurait tarder ! Je suis bien prévenue au moins ;-)
    Dis, on pourrait même pas voir un petit bout de chevelure de poupinette *_* ?

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  3. Juste parfait ! Ça c'est la vraie vie quand on est maman et beaucoup de choses ne sont pas comme tu l'imaginais mais au final c'est mieux !

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Allons chaton, tu ne vas quand même pas sortir sans faire un bisou à ta vieille tata !

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