jeudi 1 août 2013

Gare à ta couche.

Si tu me croisais dans la rue avec mon perfecto, ma clope et mes cheveux rouges, tu ne soupçonnerait certainement pas mon appartenance à la grande famille des timbrés de l'écologie. Ces gens-là ont les joues roses et la démarche bondissante. Moi je suis plutôt du genre teint de bidet et sourcil moqueur. Et pourtant. Si tu savais mon frère. Je suis une adoratrice du tofu soyeux, je me soigne avec des plantes qui sentent le paradis et je tape la discute avec les araignées (et ma clope, d'ailleurs, n'en est peut-être pas tout à fait une, bref). Au quotidien, le Grand Zigoto et moi sommes de gentils petits poneys, nous faisons de notre mieux pour préserver l'environnement, à travers des gestes parfois simples parfois pas. Et, je ne sais pas si c'est dû à une espèce de prise de conscience ou à un sentiment d'urgence (rah, la faute à Greenpeace encore), toujours est-il que, depuis que nous sommes parents, consommer de façon responsable devient peu à peu une de nos priorités. Bon, là c'est cool, c'est le moment où tu me congratules d'avoir tant de jolies convictions bien emballées, et on se fait une accolade entre gens sympathiques. 

Il se trouve aussi que j'adore sortir des sentiers battus (sans écraser les p'tites fleurs sauvages, tu l'auras compris). Et que l'écologie, au fond, ça peut être ludique. Par exemple, faire pipi sous la douche, c'est très rigolo et ça économise une chasse d'eau. Poésie deux point zéro. 

Alors quand, en guise de cadeau de naissance pour la micro-poupette, nous avons reçu un trousseau de couches lavables de toutes les couleurs (merci les beaux parents ! coucou), j'étais joie. Après, il a fallu apprivoiser ces drôles d'objets, et là j'étais moins joie. Mais ce n'est pas si terrible que ça, tu vas voir. Pose tes fesses deux minutes, je t'explique.



Il existe plusieurs sortes de couches lavables, mais je ne vais pas te faire un cours, parce qu'il y a d'autres gens qui le font très bien sur l'Internet et que si t'as envie d'une typologie t'as qu'à chercher toi-même non mais ho. Je vais te parler de celles que j'utilise au quotidien, les TE1 (tout en un) de la marque P'tits Dessous. Elles viennent de chez Nature et Quintessence, une petite boutique aveyronnaise tenue par la charmante Alice, qui n'est pas avare en conseils concernant le maternage. Si tu habites dans le coin et que tu aimes les kangourous, n'hésite pas à passer la voir, elle donne aussi des cours de portage.

Bref. Revenons-en à mon article qui parle de cul et de caca, si tu veux bien. Et pour être plus explicite, j'ai bravé la canicule pour prendre des photos sur la terrasse. C'est plus amusant pour toi, et ça m'évite un long discours. Puisque le but est de te convaincre, n'est-ce pas. 

Et comme ce billet mesure trois kilomètres au bas mot, la suite t'attend derrière ce lien : 


Les couches se présentent comme ceci : extérieur en matière genre maillot de bain ciré qui ne laisse pas passer le liquide sinon c'est pas intéressant, et doublure intérieure en matière genre pyjama tout doux qui donne envie de se rouler dedans. 



Il existe tout un tas de couleurs, vives ou discrètes, y en a pour tous les goûts. Avoue que c'est carrément plus sympa que les dessins fadasses des couches de supermarchés. Et pour les bébés darkinous, il y a même un modèle noir. Notre assortiment à été choisi par belle-maman, à dominante bleue. Et ça tombe à pic pour cet été, parce que ma poupette a plein de jolies robes dans ces tons-là. 


Un avantage non-négligeable pour le porte-monnaie : un lot comme celui-ci peut suivre bébé jusqu'à la propreté (autrement dit ça va lui coller au derrière longtemps) (ne me remercie pas pour cette blague très fine), grâce à un ingénieux système de boutons pressions qui permettent de moduler complètement la taille des couches suivant la morphologie. Il y a pas mal de combinaisons possibles, pour s'adapter à tous les petits jambons. En dessous, j'ai utilisé deux serrages différents, pour te montrer en gros la taille "naissance" et la taille "deux ans". Bon, sans enfant à l'intérieur, c'est pas très parlant je suis d'accord (la couche du haut ressemble même à un gnocchi rabougri). Mais tu as de l'imagination, lecteur.



Pour absorber le divin pipi de ta progéniture, il faut ajouter à ta couche ce qu'on appelle un insert. Moi j'en possède deux sortes. En haut sur l'image, avec les coutures vertes, ceux en polyester ont l'avantage de sécher super vite. En dessous, avec les bouclettes, ceux en bambou qui sont nettement plus moelleux et doux.


Pour être efficace, l'insert doit être relativement épais. Mais pour faciliter la vie de maman qui est déjà bien assez compliquée sans ça, il se déplie en deux (polyester) ou trois (bambou) volets. Evidemment, du coup, ça sèche en moins d'une heure, même en décembre. Et ça permet de libérer de la plaçe sur l'étendoir, et d’enchaîner très vite sur une nouvelle tournée de linge. Cool non ? Non ? ... Non. 


Donc, après avoir plié le schmilblick, il ne reste plus qu'à le fixer sur la couche à l'aide des boutons pressions dissimulés sous le rabat à l'avant. C'est facultatif, mais moi je rajoute une feuille de protection en cellulose. Comme ça, en cas de popo qui pue, il suffit de jeter la feuille souillée à la poubelle, et ça évite d'avoir à décrasser les couches dans la baignoire avant de les mettre à la machine, parce que quand même faut pas déconner.


En théorie donc, tu ne changes que l'insert, et tu gardes la couche qui reste sèche (en réalité tu la changes elle aussi, mais seulement une fois sur trois). Mais comme ça demande un peu trop de manipulations à mon goût, moi je procède différemment. Et ils sont malins les créateurs de couches lavables, parce qu'ils avaient prévu le coup. Il y a une petite fente à l'arrière qui permet de glisser directement l'insert dans la doublure de la couche. Moi je trouve ça plus pratique. Une feuille de cellulose et hop. Par contre, du coup, à chaque fois, je change tout. Comme avec des couches classiques, en somme, sauf qu'au lieu de les jeter dans la poubelle, je les envoie dans le bac à linge sale. Avec cette méthode c'est freestyle, tu peux même combiner deux inserts pour la nuit, et ça fait une cachette secrète vachement improbable pour passer aux douanes. Après, on a chacun nos petites manies : papa préfère les inserts en bambou (à gauche) et moi je préfère ceux en polyester (à droite). 



L'inconvénient majeur des couches lavables selon moi, et si tu me suis sur Instagram tu le sais déjà, c'est leur volume. Je sais que ça va être de moins en moins impressionnant au fur et à mesure qu'elle va grandir, mais pour le moment j'ai l'impression que ma fille ressemble à une sorte d'hybride à mi-chemin entre une poire transgénique et une femme enceinte (mais enceinte du derrière). Ce qui est assez déstabilisant au quotidien. Tiens d'ailleurs, j'ai voulu te montre ça en réalisant un petit comparatif entre une couche jetable (à gauche) et une couche lavable (à droite), mais le résultat n'est pas flagrant. Donc si ça se trouve tu diras que j'hallucine. Mais au moins tu pourras mater les sexy-petons de ma grenouille.



Après usage, c'est pas compliqué : tu collectes le bazar dans un sac en tissu spécial qui bloque les odeurs (mais non, tu ne mélanges pas tes robes qui tournent avec le pipi de ton bébé, voyons), que tu vides dans ta machine une fois qu'il est plein (environ une fois tous les deux-trois jours). Au passage tu mets le sac aussi, hein. Et hop, c'est tout propre et ça sent bon la lessive !



Financièrement, y a pas photo. Quand je vois le prix des couches classiques en grande surface, j'ai juste envie de me ligaturer les trompes avec du fil dentaire. Sachant qu'en plus elles sont blanchies au chlore (miam les fesses irritées), non merci. Le frifri de ma chérie mérite mieux que ça. Alors certes, l'investissement est conséquent (compter 200€ pour être tranquille), mais ça dure plusieurs années, et on peut même s'en servir pour plusieurs enfants. Un cadeau de naissance fort utile, et pour le moins original, en d'autres termes.


En plus, je peux assortir le derrière de mon bébé à son carnet de santé. 
Et ça, c'est hype.



Franchement, si on m'avait dit qu'un jour j'écrirais un pavé sur un sujet aussi trivial que les couches, je me serais pissé de rire dessus. 

Et j'aurais eu besoin d'une couche.


Édit du 2 août : J'utilise des couches jetables classiques dans deux situations. [1] Le premier mois, surtout lorsqu'on allaite au sein. Parce que la maman a besoin de repos après l'accouchement, et que le système digestif encore immature du bébé produit plusieurs selles liquides par jour (et c'est orange et ça fait des grumeaux si tu veux tout savoir), sans parler de l'horrible méconium des premiers jours (ce moment où ton adorable crevette repeint ses  plus beaux pyjamas avec du goudron qui colle). C'est quand même plus simple. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'on conseille d'attendre que l'allaitement soit bien mis en place avant de se lancer dans l'aventure des couches lavables. [2] Lorsque nous sortons pour une période prolongée. Par exemple pour une semaine de vacances chez les grands-parents ou un week-end à l'hôtel. On n'a pas toujours de machine à laver à disposition. Ceci dit, certains parents n'utilisent jamais de couches jetables, et ils s'en sortent très bien. Ce sont des fous, mais des fous qui s'en sortent très bien.

11 commentaires :

  1. Tiens c'est interessant, car j'en entends parle, mais de voir un article dessus, je peux enfin me faire une idee. Les tiennes ont l'air vraiment pas mal oui. Meme si t'as pupuce est pour l'instant emmitoufle dans sa couche, sur la photo, on voit bien que ca a l'air plus confortable que les couches de supermarche ! En tout cas tu m'as convaincu, je crois que j'opterais pour des couches lavables quand le temps sera venu :)

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    1. Je suis ravie d'avoir pu éclairer ta lanterne. J'ai pas été payée pour dire tant de bien de ces couches : je suis carrément convaincue par le concept. Merci pour ton passage et pour ton abonnement ! :)

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  2. Cet article est génial !
    Non seulement tu m'as beaucoup fait rire, mais en plus tu rentres vraiment dans les détails et nous explique bien le pourquoi du comment. Tu as gagné, je suis convaincue... Reste à expliquer la chose au futur papa qui n'est pas réellement tenté par l'expérience couche-lavable ah ah :-). J'ai encore quelques mois pour y travailler.

    Bises

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  3. Chouette alors, une nouvelle convertie. On va pouvoir créer une secte.

    Mon gars à moi redoutait de changer des couches, pendant la grossesse ça l'obsédait. Il avait peur de faire mal, je pense aussi que le fait de manipuler une micro-demoiselle l'effrayait, et surtout il avait peur du méchant caca. Aujourd'hui, il change 67,4% des couches, et il gère la fougère. Même avec les couches lavables !

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  4. Justement en ce moment je me pose beaucoup la question des couches lavables, Petit Pois a 3 mois et le pire des cacas est surement derrière nous (hûhùhù). Mais j'ose pas encore, en fait il faudrait que j'essaie 1 mois pour voir ce que ça donne...

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  5. J'avoue, c'est la nourrice qui m'a dissuadé de prendre des couches lavables. C'est déjà galère de trouver une nourrice (surtout pour mars... quelle idée j'ai eu de faire un bébé de Noël moi... ou alors quelle idée j'ai eu de travailler... chacun son point de vu) Enfin bref, trouver une nourrice c'est un parcours du combattant et trouver une nourrice qui veut bien te suivre dans ton envie de mettre des couches lavables à la chair de ta chair, c'est encore plus dur... Donc vu que (je suis une mère indigne) mon fils va passer près de 40h semaine chez la nourrice... Je ne voyais plus l'intérêt des couches lavables juste à la maison ou le weekend... Mais je trouve le système super et les économies faites sont considérable (c'était mon argument pour le papa qui me regarde déjà avec dégout quand je lui parle de changer la couche de son fils quand je ne serais pas là ^^)

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  6. Merci beaucoup pour ton expérience !!
    Je vais faire lire cet article à mon mari, parce que ça nous disait bien, mais on avait entendu parler d'expériences négatives. Lui il avait envie de tester la méthode chinoise, tu sais les petits bodies avec un trou au niveau des fesses ? apparemment, il serait propre beaucoup plus tôt (mais pas le sol argh). Tu connais cette technique ? d'ailleurs, si tu veux tester pour nous, je suis partant ahah (pas de bébé en route encore, tu as le temps ......)
    ;)

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    1. Bonjour Lois je me permets de vous répondre car j'habite en Chine, je vous déconseille la méthode chinoise, c'est franchement sale, personne ne comprend pourquoi les occidentaux se mettent a cette mode haha, ici tout le monde se met aux couches jetables et même lavables! Une fois que l'enfant sait se contrôler pas de soucis, mais avant, c'est pipi et caca partout, malheur si vous avez un tapis/un fauteuil en tissu ... ;)

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  7. J'avais garde ton article en favoris pour le relire quand je serais enceinte! C'est chose faite et je suis super motivée pour les couches lavables maintenant ! ;)

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  8. Ca doit faire environ 15 fois que je lis cet article, et Musclor et moi sommes intimement convaincus qu'on va se lancer dans l'aventure des couches lavables :o) Ca fait donc des heures que j'arpente les méandres du net, à la recherche de bonnes affaires et de couches lavables de qualité. Je louche sur les BumGenius Freetime ( qui coûtent une blinde ) mais tout le monde a l'air convaincu par ces TE1, donc bon. J'ai repéré une nana qui en vend 20 sur LebonCoin pour 360euros, j'ai pu qu'à négocier à mort. ( je pensais les mettre sur une liste de naissance mais jsuis pas sûre que les gens soient hyper à l'aise à l'idée d'offrir des couches lavables qui coûtent un rein ).
    Bisous <3

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  9. Et bien merci pour cet article. Après m'être mise aux serviettes hygiéniques lavables, cet article me donne des idées pour mon futur mini-moi ! :)

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Allons chaton, tu ne vas quand même pas sortir sans faire un bisou à ta vieille tata !

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